Une nébuleuse planétaire n'a rien à voir avec une planète. Le nom vient de leur apparence arrondie dans les premiers télescopes. Elles se forment lorsqu'une étoile de masse faible ou intermédiaire expulse ses couches externes à la fin de sa vie, laissant un cœur chaud qui ionise le gaz environnant.
L'image simple d'une coquille sphérique est rarement suffisante. Les observations révèlent des anneaux, des lobes bipolaires, des jets, des arcs concentriques et des structures en forme de spirale. La diversité indique que l'éjection de masse est façonnée par plusieurs mécanismes.
Une étoile compagne peut jouer un rôle majeur. En orbitant dans ou près du vent de l'étoile géante, elle crée une surdensité qui s'enroule avec le mouvement orbital. Le résultat peut ressembler à un arroseur tournant : chaque nouvelle portion de gaz est émise depuis une position différente, produisant une spirale d'Archimède approximative dans l'enveloppe.
Si le compagnon interagit fortement avec l'enveloppe, il peut former un disque, lancer des jets et concentrer la matière dans un plan équatorial. Lorsque l'étoile centrale devient très chaude, un vent plus rapide rattrape le matériau précédemment éjecté et le comprime. Les lobes et les fronts lumineux que nous observons sont donc le produit de plusieurs épisodes.
Les champs magnétiques et la rotation peuvent contribuer, mais leur importance relative dépend du système. Une étoile isolée qui a perdu beaucoup de moment angulaire pourrait ne pas maintenir seule une structure très collimatée. L'hypothèse binaire est ainsi devenue centrale pour expliquer de nombreuses morphologies complexes.
Les images projetées sur le ciel peuvent aussi tromper. Un anneau vu de face peut être un tore; deux lobes alignés avec la ligne de visée peuvent sembler circulaires. La spectroscopie, qui mesure les vitesses par effet Doppler, aide à reconstruire la géométrie tridimensionnelle.
Les spirales de certaines nébuleuses sont donc des archives orbitales. Leur espacement renseigne sur la vitesse du vent et la période du compagnon. Ici, la forme ne constitue pas seulement une ressemblance esthétique : elle peut devenir un instrument pour déduire une dynamique invisible.